Blog Au Dessus Du Cinema

Critique: Le Parrain

11 Décembre 2011, 16:55pm

Publié par Superboubouge

 

En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles de la mafia. Don Vito Corleone, le parrain de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, le parrain de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable. Pour se venger et conclure l'affaire, Sollozzo tente de tuer le parrain qui malgré 5 balles dans le offre s'en sort...

 

Réalisé la peur au ventre en 1972, Le Parrain est un film inusable et exceptionnel, il est considéré comme un film culte, mythique et comme un chef d'œoeuvre. Ce film est en tout point parfait, que ce soit dans la réalisation baroque, le scénario riche et les acteurs.

 

 

Tout d'abord les acteurs, le Parrain est un mélange entre l'ancien et le nouvel Hollywood. Marlon Brando (Un Tramway Nommée Désir, Viva Zapata, Jules Cèsar, Sur Les Quais, Les Révoltés Du Bounty, Reflets Dans Un Oeil D'Or, Le Dernier Tango A Paris, Apocalypse Now, ...)  , star en perdition depuis peu, en patriarche de la famille est tout simplement  époustouflant comme dans ses autres chefs d'œoeuvre (Sur les quais et Un tramway nommé désir ),une présence immense avec en plus un talent hors norme et une intelligence pour créer le personnage( papier dans la bouche, cire pour chaussures dans les cheveux), tout pour faire devenir le parrain un rôle connu de tous. Le personnage devient crédible malgré de nombreux stéréotypes et la diction mâchée de Marlon Brando. Les scènes qui suivent la mort de Sonny et le désarroi du personnage sont joués d'une justesse à couper le souffle. Malgrè l'âge du personnage, il est respecté et terrfie toutes les autres familles jusqu'à l'attaque des hommes de Sollozo qui fragilise son image. La scène initiale montre bien toute sa puissance avec le croc-mort lui baisant la main. Laissant la place à son fils ainé durant sa convalescence, il doit réparer les pots cassés et apaisé la ville de New-York grpâce à sa force de persuasion. Reconnaissant sa vieilesse et ses echecs (la mort de son fils qu'il n'a pas pu proteger), il laisse définitivement la place à son fils cadet qu'il chérie tend et qu'il voulait protéger de la mafia en l'écartant. La scène du jardin entre ces deux protagonistes et mémorables et montrent bien les relations entre les deux personnages qui se rapprochent alors qu'ils étaient si differents. L'opposition est alors frappante, l'un est dans une phase ascendante, l'autre descendante. Brando alternant toutes les émotions possibles et inimaginables, on se souviendra de nombreuses scènes puissantes comme celles dans les pompes funèbres, où il ne peut s'empecher de pleurer ou bien durant la réunion de toutes les familles. Dans le deuxième opus, De Niro qui reprend le rôle en plus jeune, lui manquera que la présence de Brando pour l'égaler.  La carrière de Marlon Brando après ce rôle pris un second souffle jusqu'à sa dernière grande performance dans Apocalypse Now, chef d'oeœuvre de... Coppola. Oscar du meilleur acteur en 1972.

 

 

Al Pacino (Un Aprés Midi De Chien, Le Parrain 2, Serpico, Scarface, Le Parrain 3, L'Impasse, Heat, ...) , dans le rôle du fils intellectuel qui en dehors, au début, des affaires de la famille va peu à peu y rentrer par force. C'est le rôle principal dans le scénario du film avec cette évolution de situation et de psychologie, il fallait un jeu tourmenté et ce qu'à royalement acté Al Pacino. Premier rôle important pour Al Pacino, acteur de théâtre, le film fut une rampe de lancement, F.F Coppola a du se battre pour confier le rôle à Pacino qui n'était pas désiré par les producteurs comme Brando.Son jeu tourmenté débute dans la scène où il allume la cigarette du fleuriste devant l'hôpital lorsqu'ils faisaient semblant les gardes, et qu'il regarde le briquet en ce disant qu'il aime finalement çà, et ce finit en colère noire à la fin du film.L'évolution de personnage est magistralement interprété par l'acteur, Michael, qui voulait se tenir loin des affaires de sa famille, est rattrapé par la longue spirale menant aux enfers. Plus le film avance, plus le personnage s'affirme comme un Parrain en puissance avec la vengeance et la prise du pouvoir. Comme son personnage, Al PAcino monte en force et en présence devenant de plus en plus imposant et charismatique.

James Caan (The Yards, ...), dans le rôle du fils aîné impulsif et très autoritaire envers ses frères et sa sœoeur. Premier choix de FF Coppola car très bons amis, il incarna , l'un des meilleurs seconds rôles du cinéma. Le rôle est joué de manière très caractérielle mais très juste avec une présence impressionante, sa mort est l'une des plus célèbres du cinéma, mitraillé sur un péage par les sbires de Barzini. Caan présente parfaitement la complexité de ce personnage emprisonné entre le pouvoir, les vices et protéger sa famille. Son envie des trois lui causera sa perte en essayant d'élimier toutes les familles et en voulant aider sa soeur frappée par son mari. On retiendra aussi ses nombreuses scènes de colères avec son frère Tom et son beau frère, Carlo. Il aurait mérité et du recevoir l'oscar du meilleur second rôle en 1972 remporté par Joel Grey pour Cabaret.

Robert Duvall (Bullitt, MASH, Conversation Secréte, Le Parrain 2, Network, Apocalypse Now, ...) premier rôle important pour lui, même si il a participé à des films considérés comme des chef d'œoeuvres (Du silence et des Ombres), joue le fils adopté par le Parrain qui devient le consigliere de guerre de la famille. Interprétation en opposition à celle de Caan, tout en sérénité et en émotion notamment lorsqu'il apprend à son père que Sonny est mort. Nominé lui aussi pour l'oscar.On notera aussi la présence d'un des pontes du film noire des années 50, Sterling Hayden (Quand La Ville Dort, Johnny Guitar, L'Ultime Razzia, Docteur Folamour, ...)  excellent en commissaire corrompu Mc Cluskey. Du cöté des rôles féminins, la soeur de Coppola, Talia Shire en Connie Corleone et Diane Keaton tire leur épingle du jeu. On les retrouvera avec des rôles plus imporatns dans la deuxième partie.

 

 

Maintenant la réalisation, FF Coppola, très peu connu, refusa dans un premier temps  le scénario, car trop violent. Issu de la génération du Nouvel Hollywood (Spielberg, Lucas De Palma, Scorsese, Lucas ...) et après les nombreux ratés cuisants de ses films et de ceux de son ami G.Lucas, leur groupe de production Zoetrope manque de liquidité et il est forcé d'accepter le poste de réalisateur. Il était le choix de Mario Puzo car il était comme lui d'origine sicilienne.FF Coppola opte pour une mise en scène lente avec des pics d'intérêts et avec des scènes ultra violentes devenues cultes (la vraie tête de cheval dans le lit, la mort de Sonny au péage, le meurtre dans le restaurant, et le massacre des chefs de famille à la fin). Dès la première scène, la patte du réalisateur est marquée avec cette caméra qui recule petit à petit pour voir apparaitre le dos du Parrain. Cette mise en scène est, de surcroît, sublimée par la lumière clair-obscur aux tons ocres. Coppola mélange parfaitement diffèrents styles entre le film noir-gangster et le baroque d'un Visconti. Les scènes d'intèrieurs sont ultra obscurs proches de l'expressionisme des films noirs des années 40, tandis que de nombreuses scènes d'extérieurs sont d'un clair pétant présentant une certaine violence. Comme dans un film noir, la ville de New York est montrée sombre tandis que la campagne représenté dans le film par la Sicile est colorée. Les scènes dans cette région sont tout simplement magnifiques. Il y a surtout durant tout le film une judicieuse réalisation de rapports de force entre le père et le fils, d'abord avec Vito Corleone, puis avec son successeur. Le sommet de la réalisation de Coppola est bien évidemment les dernières scènes avec les meutres religieux des parrains des familles. Pour ces scènes Coppola réalise un merveilleux montage entre les passages assassins et ceux durant le baptéme avec le sermon duprêtre qui fait le lien entre ces scènes. La maestria de la mise en scène vient des multiples "Je renonce à Satan" prononcés par Michael tandis que ses sbires tuent un par un les chefs des familles.Le reste de la réalisation est aussi du grand art avec des plans séquences magnifiques, des transitions intelligentes (Talia Shire criant  lorsque son mari la fouette, la scène suivante commence avec les cris d'un enfant tenu par la Mamma Corleone au téléphone avec cette dernière). La longueur des scènes familiales prouve bien que Le Parrain n'est pas un film sur la mafia mais avant tout sur la société et la famille, ni les mots mafia et casa nostra ne sont employés.  Cette présentation de la société est liée à la peur de cette dernière de l'affrontement USA-URSS et de la guerre du Vietnam. L'excellente direction des acteurs, les plans très efficaces et beaux( notamment en Sicile) font de la réalisation de Coppola une véritable merveille et un bel hommage à ses prédecesseurs.

 

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Le scénario, d'après le best-seller de Mario Puzzo, est à quelques passages prés totalement repris. Outre le côté mafia, le film conte l'histoire universelle d'un individu pris au piège du milieu et d'une société dans lesquels il évolue et auxquels il ne pourra jamais échapper. Le scénario tient aussi avec ses dialogues percutants devenus pour certains cultes (I'm gonna make an offer he can't refuse, Never tell anybody outside the familly what you're thinking again). Rempli d'oppositions entre le père et le fils cadet, entre les familles, entre les tueurs, et de contrastes entre les moments heureux de la famille (mariage...) et malheureux (morts...), le film est d'une profondeur importante, et c'est cet aspect qui permet au film de garder un impact sur le présent et ses scènes violentes devenus banales.

 

Voilà les pièces maîtresses de la réussite et du mythe du Parrain, qui remporta un succès énorme à sa sortie tant d'un point de vue des spectateurs que de la presse, ainsi qu'aux oscars , 3 statuettes (film, scénario adapté, meilleur acteur,...). N'oublions pas la grande et somptueuse musique composée par Nino Rota (compositeur fétiche de Fellini).

Pour ma part, ce film est mon préféré,m'a fait aimé le cinéma, et est le point de départ de ma petite cinéphilie.

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KikouLOL 20/03/2013

Pour moi aussi, c'est mon film préféré, tous les ingrédients sont là pour un grand chef d'oeuvre, un al pacino renfermé, un brando mythique, un caan virevoltant et un coppola qui maitrise son style
baroque et ses scènes monstrueuses

Lanfeust13 21/04/2013

Ce film DEVAIT être parmi les trois premiers.

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